TEMOIGNAGE DE SPORTIF DE HAUT NIVEAU
YESIMI OGUNLEYE MABRY
"J’ai failli abandonner, mais Dieu m’a gardée"
La rédaction Plus que sportifs - 30 septembre 2026
Yemisi
Mabry, championne olympique du lancer du poids à Paris 2024, s’est
confiée sur ce titre surprise et sur les combats qu’elle a dû mener
dans sa jeunesse. La foi chrétienne qu’elle proclame a été essentielle
dans sa vie et dans sa construction en tant que jeune femme.
Récemment,
la championne olympique en titre du lancer du poids, Yemisi Mabry
(connue à l’époque de son sacre sous le nom de Yemisi Ogunleye, avant
son mariage avec Tyler Mabry), a eu l’honneur d’être le personnage
principal d’un documentaire réalisé pour la ZDF, la deuxième chaîne
publique de télévision en Allemagne. Intitulé "Das Gold meines Lebens"
("L’or de ma vie" en allemand), ce documentaire retrace le parcours de
la lanceuse de poids, avec notamment un focus sur sa foi chrétienne.
Lors
de l’obtention de cette médaille d’or olympique, Yemisi Mabry s’était
illustrée en conférence de presse en interprétant un chant de louange
qui se trouve être la bande-son de sa vie. Ce chant, intitulé "I Almost
Let Go" ("J’ai failli abandonner"), de Kurt Carr, a contribué à
propulser davantage la lanceuse de poids sur le devant de la scène,
puisque son interprétation, remarquée, lui a permis d’afficher
publiquement sa foi chrétienne. Elle avait confié lors de cette
conférence de presse que ce chant avait résonné dans son cœur
lorsqu’elle avait chuté lors de son premier essai pendant la finale
olympique. Voici le couplet que l’athlète allemande avait chanté :
I almost let go (J’ai failli abandonner)
I was right at the edge of a breakthrough (J’étais tout près de faire une percée)
But I couldn’t see it (Mais je ne pouvais pas le voir)
The devil really had me (Le diable m’avait vraiment sous son emprise)
But Jesus came and grabbed me (Mais Jésus est venu et m’a sauvé)
And He held me close (Et Il me serrait fort contre Lui)
So I wouldn’t let go (Pour que je ne Le lâche pas)
Toutefois,
"I Almost Let Go" a une signification bien plus profonde, car ce chant
résume la vie de la championne, comme elle le révèle dans le
documentaire :
"Je pense que ce chant décrit
bien ma vie et j’ai trouvé très appréciable que personne ne m’ait
arrêtée parce que c’était un peu mon moment, et aussi mon moment de
gratitude envers Dieu. J’ai failli abandonner, mais Dieu m’a gardée.
J’ai failli croire que je n’y arriverais pas, mais Dieu m’a donné la
force dont j’avais besoin. C’était ce que j’éprouvais, c’était ce que
chantait mon cœur à ce moment-là."
Le fait d’avoir atteint le
sommet lors des Jeux olympiques de 2024 a également été l’occasion pour
elle de se souvenir de son parcours. Un parcours semé d’embûches, au
cours duquel elle a notamment été confrontée au racisme dès l’école
primaire. Elle évoque son mal-être et les questions qu’elle se posait :
"Pour moi, c’était très sombre. Lorsque je regarde en arrière, je me
vois en train de pleurer dans ma chambre, l’école ne se passe pas bien.
Je ne savais pas où était ma place, j’étais toujours la plus grande de
ma classe, on me harcelait à cause de la couleur de ma peau. Je me
demandais si j’étais vraiment aimée, si j’avais un projet."
Alors que son mal-être s’aggravait, elle songea au suicide à l’âge de douze ans :
"Je pensais que le plus simple était que je ne sois plus là afin que
toutes ces choses dites à mon sujet cessent."
Les choses ont
commencé à changer lorsqu’elle a rencontré la responsable du groupe de
jeunesse de son église, devenue depuis sa meilleure amie et comme une
grande sœur pour elle. Cette dernière a réellement cherché à savoir
comment elle allait. Yemisi Mabry a alors éclaté en sanglots et a pu
réaliser qu’elle avait de la valeur aux yeux de son amie. Elle déclare
dans le documentaire :
"Tu es aimé(e) et Dieu
a un plan pour toi. Même avec les défis de la vie, Il te porte, Il
t’aime et Son amour est inconditionnel."
La foi et le sport ont
apporté à l’athlète l’équilibre dont elle avait besoin pendant son
adolescence, et ce malgré deux graves blessures en l’espace de deux
ans, qui ont même fait planer une menace sur sa capacité à remarcher.
Sont alors venues les questions sur son identité en tant que sportive :
"Yemi,
qui es-tu maintenant ? Que se passe-t-il si tu ne peux plus faire de
sport ? Cela signifie-t-il que plus rien n’a de sens ?"
La foi
de Yemisi reste son rempart pour ne pas laisser son statut d’athlète
prendre le dessus sur son identité. C’est pour cette raison qu’elle
trouve refuge auprès de Dieu et de son église, la Christ Gospel City à
Karlsruhe (Bade-Wurtemberg), où elle sert au sein de l’équipe de
louange. Être auprès des siens reste pour elle une véritable joie :
"Mon église, c’est ma famille, mon
filet de sécurité. Je suis avec eux en étant réellement Yemi, pas en
étant lanceuse de poids. Je suis la petite fille, jeune et fragile, qui
a grandi ici. Les gens d’ici ont été témoins de nombreuses phases de ma
vie."
Un ancrage dans la foi et dans sa communauté qui se révèle
essentiel dans la vie de la championne et qui montre combien il est
important d’avoir son identité en Christ. La rédaction prie pour Yemisi
Mabry afin qu’elle continue à affirmer sa foi tout au long de sa vie et
à porter l’étendard du Royaume de Dieu aussi haut que possible.