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AUTOBIOGRAPHIE DU PAPE FRANCOIS
ESPERE
PASSAGES SUR LE SPORT

                  18 Janvier 2025 : 

 [...] C’est entre ces quatre murs qu’a commencé à se développer mon monde d’enfant. À cinquante mètres se trouvait la maison de mes grands-parents paternels, et non loin la teinturerie où mon père avait repris son métier de comptable. Un peu plus loin, vers le Boedo, la maison de mes grands-parents maternels. Puis, en remontant la calle Francisco Bilbao jusqu’au parc, la crèche du collège Notre-Dame de la Miséricorde, que j’ai commencé à fréquenter à l’âge de quatre ans. Et juste au coin, la petite place en terre battue où je m’enfuyais avec mon frère Oscar et mes amis pour jouer au ballon après l’école, les manches retroussées et, souvent, les genoux écorchés. Nos ballons étaient presque toujours en chiffon, la pelota de trapo, un petit prodige d’artisanat de récupération, car le plastique n’existait pas et les ballons de cuir coûtaient trop cher pour nous, les gosses de la plazoleta Brumana. Nous formions une belle compagnie, un petit groupe d’enfants. Des gamins en chair et en os, pas des angelots. Les adultes du quartier constituaient une sorte de parentèle diffuse et collective, ils et elles nous surveillaient, nous dirigeaient, et parfois nous tiraient des ennuis. La place, la rue, le quartier étaient aussi notre salle de sport, un endroit où l’on apprenait à jauger les autres, à s’affronter, à découvrir les limites.

  [...] De même, ce fut un deuil collectif, et pas seulement dans la communauté piémontaise de Buenos Aires, quand survint en mai 1949 la tragédie de Superga : l’avion qui transportait l’équipe de Turin, l’une des meilleures au monde, la colonne vertébrale de l’équipe de foot nationale italienne, s’était écrasé contre la muraille du terre-plein de la basilique. Il n’y avait eu aucun survivant. Des années plus tard, j’ai visité personnellement cette basilique et me suis attardé, ému, devant la pierre portant les noms des trente et une victimes. La corde ne s’est pas rompue, cette douleur populaire a au contraire renforcé les liens.

  [...] Chapitre 7 : Je jouais sur le globe de Sa terre

J’ai toujours aimé jouer au football, et peu importe si je n’avais rien d’un champion. À Buenos Aires, on appelait un type de mon genre une « pata dura » – ce qui veut dire que j’avais deux pieds gauches. Mais je jouais. J’étais gardien le plus souvent, mais ça aussi c’est un beau poste : il vous habitue à regarder la réalité en face, à affronter les problèmes ; on ne sait pas toujours très bien d’où ce ballon est parti, mais on doit quand même essayer de l’attraper. Comme dans la vie. Si jouer est un droit, c’est un droit sacro-saint de ne pas être un champion. Derrière chaque ballon qui roule, il y a un enfant avec ses rêves et ses aspirations, son corps et son esprit. Tout son être participe au jeu : non seulement les muscles, mais la personne entière, dans toutes ses dimensions, même les plus profondes. On dit d’ailleurs de quelqu’un qui s’implique à fond qu’« il y met toute son âme ». Le jeu et le sport sont une excellente occasion d’apprendre à donner le meilleur de soi, à se sacrifier même, et surtout à ne pas le faire seul. Nous vivons aujourd’hui dans une époque où il est facile de s’isoler, de créer des liens virtuels, à distance. Connectés en théorie, mais seuls dans la pratique. Au contraire, ce qui est beau dans le fait de taper un ballon, c’est que nous devons le faire avec d’autres : passer la balle, apprendre à construire des actions, grandir en tant qu’individus et apprendre à se connaître en tant qu’équipe… Le ballon alors n’est plus seulement un outil, mais un instrument pour inviter des personnes réelles à partager une amitié véritable, à se retrouver dans un espace concret, à se regarder en face, à s’affronter pour tester ses talents respectifs. Pour beaucoup, le football est « le plus beau jeu du monde », et il l’a aussi été pour moi. S’il est vécu de cette façon, comme un jeu qui encourage avant tout la sociabilité dans la gratuité, il peut vraiment faire du bien au corps tout entier : pas seulement aux jambes, mais aussi à la tête et au cœur. Les garçons et les filles le savent bien, ils le sentent sans qu’on ait besoin de le leur expliquer. C’est pour cela que saint Jean Bosco aimait dire à ses éducateurs : « Vous voulez voir venir des enfants ? Lancez un ballon en l’air et, avant qu’il ait touché terre, vous verrez combien se seront approchés ! » C’était vrai en 1841, quand fut fondé son premier Oratoire, et cela reste vrai aujourd’hui, dans une société qui exacerbe souvent le subjectivisme, c’est-à-dire qui met le moi au cœur de toutes choses comme un principe quasi absolu.

« Je jouais sur le globe de Sa terre », dit la Sagesse dans le livre des Proverbes (Pr 8, 31). Avant tout. Avant que toute autre chose ait été créée, des millions de garçons et de filles dans le monde entier peuvent s’imaginer qu’on jouait au ballon. Eduardo Galeano, un grand écrivain latino-américain, raconte qu’un journaliste a demandé un jour à la théologienne protestante Dorothee Sölle : « Comment expliqueriez-vous à un enfant ce qu’est le bonheur ? – Je ne le lui expliquerais pas, a répondu la théologienne. Je lui donnerais un ballon pour jouer. » Il n’y a pas de meilleur moyen d’expliquer le bonheur que de rendre heureux. Et jouer rend heureux, parce qu’on peut exprimer sa propre liberté, se livrer à une compétition pour rire, vivre le temps de l’amateurisme, tout simplement… Parce que l’on peut poursuivre un rêve sans devoir à toute force devenir un champion. Ça vous rend heureux même si vous êtes une pata dura.

Pourtant, à en croire ma mère, Regina, qui était une Sivori, un peu de sang de champion courait aussi dans nos veines : le grand-père d’Omar Sívori, qui allait devenir l’un des plus grands attaquants de l’histoire du football, était originaire comme nous des environs de Lavagna, dans l’arrière-pays ligure. Omar, qui fut le premier à être surnommé El pibe de oro quand Maradona était encore dans le sein de Dieu, était né en Argentine un peu plus d’un an avant moi ; et après avoir remporté le championnat d’Argentine avec River Plate, il avait été transféré en Italie, à la Juventus d’abord puis à Naples. Quand nous parlions en famille des Sívori d’Argentine, et que l’on faisait allusion à ce joueur, maman racontait qu’en effet nous étions tous parents, bien qu’assez éloignés, et qu’au cours des années nous nous étions disséminés un peu partout dans le pays. Omar Sívori allait endosser le maillot des deux équipes nationales et recevoir un Ballon d’or au début des années 1960. Nous étions du même âge et vaguement apparentés, mais lui, c’est certain, n’avait pas reçu deux pieds gauches en héritage…

C’était un champion, mais ce ne pouvait pas être mon idole quand j’étais enfant ; nous étions tous les deux trop jeunes à l’époque, et puis moi, j’étais un supporter du San Lorenzo ! Dans le quartier de Boedo, dont la maison de mes grands-parents maternels était assez proche, le bleu et le grenat du San Lorenzo de Almagro étaient partout : ils coloraient les rues, ils s’agitaient aux balcons, ils ornaient les fenêtres. Dans ce club multisport fondé au début du siècle par un prêtre salésien lui aussi d’origine piémontaise, le père Lorenzo Massa, aux couleurs du voile de Marie Auxiliatrice, mon père Mario, qui était un homme costaud, jouait au basket-ball. J’aimais bien le basket, et j’y jouais un peu. C’est un sport qui peut être lui aussi un bel apprentissage de la vie. Aujourd’hui encore, quand je parle de points fermes de l’existence et de la nécessité de « faire pivot », l’image qui me vient à l’esprit et que j’aime utiliser est celle d’un joueur de basket qui plante un pied à terre et se démène pour protéger la balle, pour trouver un espace par où la faire passer, par où prendre sa course pour aller au panier. Et pour nous les chrétiens, et en particulier pour nous les prêtres, ce pied ancré dans le sol, qui est le pivot autour duquel nous devons construire quotidiennement notre existence, c’est la croix du Christ.

Parmi tous les sports, c’était quand même le football qui se taillait la part du lion. Et moi, si je laissais à désirer en tant que joueur, comme supporter, j’étais imbattable ! Avec mon père et mes frères Oscar et Alberto, nous allions toujours voir le San Lorenzo au Viejo Gasómetro, le stade qui était notre berceau à nous les cuervos, les « corbeaux » – le surnom dont nous avaient affublés les supporters rivaux à cause de l’habit noir des salésiens. Et bien souvent, ma mère nous accompagnait. C’était un football romantique, familial, les pires insultes que l’on pouvait entendre dans les gradins étaient « vendu ! » ou « pauvre type ! » – cela n’allait guère plus loin. Avant le match, nous nous mettions en route pour le stade en portant deux gros bocaux en verre que nous laissions sur le trajet dans une pizzeria où mon père s’arrêtait pour passer commande.

Au retour, nous reprenions nos deux bocaux remplis cette fois d’escargots à la sauce piquante, accompagnés d’une pizza cuite sur pierre sortant du four. Ainsi, quel qu’ait pu être le résultat, l’après-match était une fête. Je crois encore sentir le parfum de cette pizza : c’est peut-être un peu ma madeleine de Proust. Et à dire vrai, aller manger une pizza dehors est l’un des petits plaisirs qui me manquent le plus. J’ai toujours été un grand marcheur. Quand j’étais cardinal, j’adorais aller à pied par les rues et prendre le métro. Cela paraissait bizarre à certains qui insistaient pour m’accompagner, pour que je prenne la voiture, mais parfois la réalité est aussi simple que cela : moi, j’ai toujours aimé marcher. La rue me dit bien des choses, j’apprends beaucoup en m’y promenant. Et j’aime la ville dans toutes ses dimensions : les rues, les places, les tavernes, la pizza qu’on déguste sur une petite table dehors, et qui a un tout autre goût que celle qu’on peut se faire livrer à domicile : je suis un citadin dans l’âme.

Le Viejo Gasómetro du San Lorenzo n’existe plus. En 1979, la dictature militaire a contraint le club à jouer son dernier match dans ce stade, qui a été détruit pour une opération de spéculation immobilière. Le San Lorenzo a été expulsé du Boedo, qui était son quartier. Pendant une quinzaine d’années, l’équipe a erré entre différents terrains de foot de la ville, jusqu’à ce qu’un nouveau stade soit finalement construit. Mais le désir de retourner au Boedo est toujours resté dans le cœur des cuervos. En 2019, le Club Atlético San Lorenzo de Almagro a annoncé qu’il était rentré en possession des terrains de l’ancien stade et qu’il voulait y reconstruire le Gasómetro. On m’a dit que le nouveau stade devrait s’appeler « Papa Francisco », ce qui ne me plaît guère.

Les matchs à domicile du championnat de 1946, que nous avons remportés quelques jours avant mon dixième anniversaire, je les ai presque tous vus, et, plus de soixante-dix ans plus tard, j’ai encore cette équipe devant les yeux : Blazina, Vanzini, Basso, Zubieta, Greco, Colombo, Imbelloni, Farro, Martino, Silva… Les dix magnifiques. Et puis… et puis il y avait Pontoni. René Alejandro Pontoni, l’avant-centre, le buteur du San Lorenzo, l’entraîneur du « Ciclón*1 », mon favori. Il n’avait pas deux pieds gauches, lui. Il tirait du droit comme du gauche indifféremment, il était habile à dribbler, créatif, fort dans le coup de tête, champion du retourné acrobatique. Il pouvait marquer un but de toutes les façons, et je l’ai vu faire de toutes les façons.

« Voyons si l’un de vous a le courage de tirer un but comme Pontoni… », ai-je dit en rencontrant les équipes nationales d’Argentine et d’Italie, menées respectivement par Messi et Buffon, pour une rencontre amicale à but caritatif, peu après avoir été élu pape. Ces garçons m’ont souri d’un air un peu perplexe : ils ne savaient sans doute pas de qui je parlais. Mais moi, cette façon de tirer un but – ce « tac, tac, tac, goal ! » –, je l’ai gravée dans la tête, comme beaucoup des détails qui captivent le regard d’un enfant, à l’âge où l’œil est une éponge, et qui y restent gravés pour toujours. En octobre 1946, le championnat est sur le point de s’achever et le San Lorenzo joue contre le Racing de Avellaneda : centre depuis l’aile gauche, Pontoni dos à la cage contrôle de la poitrine et, sans jamais laisser tomber le ballon à terre, il le reprend du talon, contourne d’un lob le défenseur qui fonce vers lui, puis, à la limite de la surface de réparation, il décoche une flèche qui passe à la droite du gardien. Gooooaal ! Parce que si chaque goal en Amérique du Sud a plus de « o » qu’en Europe, si chaque but, même quand c’est un petit but, devient le but du siècle, alors imaginez celui-là. J’embrasse mon père, j’embrasse mes frères, tout le monde s’embrasse. Pontoni a été pour moi l’emblème de ce jeu, de ce football au sein d’une communauté, de l’amour pour un sport qui n’était pas seulement un compte en banque : au point qu’aux sirènes de l’argent qui l’appelaient en Europe il a préféré son club, pour rester parmi sa famille, ses amis, tous ceux qui l’aimaient. C’était un grand, il l’est resté, même après le grave accident de jeu qui deux ans plus tard devait mettre un coup de frein à sa carrière. Il a tourné un peu partout en Amérique du Sud, en Colombie, au Brésil, puis il est revenu au San Lorenzo avant de raccrocher les crampons et d’ouvrir une trattoria. Il a eu une belle vie. Son fils, qui s’appelle René comme son père, est venu me trouver au Vatican un ou deux ans après mon élection.

J’ai cessé de regarder la télévision depuis 1990, pour respecter un vœu que j’ai fait à la Vierge du Carmen la nuit du 15 juillet de cette même année. Ce soir-là j’étais dans ma communauté à Buenos Aires, nous regardions la télévision et sur l’écran est apparue une scène sordide qui m’a violemment frappé : alors je me suis levé et je suis parti. Le lendemain, je devais être transféré à Córdoba. C’est comme si Dieu m’avait dit que la télévision n’était pas pour moi, qu’elle ne me faisait pas du bien. À la messe j’ai fait un vœu à la Vierge, et depuis lors cette promesse n’a connu que de rares exceptions : la journée du 11 septembre 2001 par exemple, ou l’avion tombé sur Buenos Aires en 1999. Du coup, cela fait trente ans que je n’ai pas vu de match du San Lorenzo à la télé. Un jour, au cours d’un entretien, on m’a même demandé si, entre « papes », je me sentais « plus proche d’un Messi ou d’un Mascherano », et j’ai dit que je ne pouvais pas répondre, que je ne savais pas distinguer leurs styles, parce que même si Messi est venu au Vatican dans le cadre d’une visite officielle, je ne regarde plus le foot depuis des années. Je suis sûr en tout cas qu’aucun des deux n’est une pata dura comme moi ! Mais je m’informe, évidemment. Sur tout, et aussi sur le San Lorenzo. Il y a un garde suisse qui me laisse chaque semaine sur la table les résultats et le classement. L’année où j’ai été élu au siège de saint Pierre, les azulgrana (bleu et grenat) ont remporté le championnat et ensuite, pour la première fois de leur histoire, la Copa Libertadores. Et quand, au bout de quelques jours, ils sont venus me trouver en délégation avec la Coupe des champions d’Amérique, je leur ai dit à l’issue de l’audience : « Vous faites partie de mon identité culturelle. » Comme l’a écrit un grand chantre du football, Osvaldo Soriano, qui était lui aussi un cuervo du Boedo : « Au football, on ne choisit pas un vainqueur. Être du San Lorenzo est une charge qui irrigue ma vie d’autant de trouble et d’orgueil que d’être argentin. » Et puis, la main de mon père qui m’accompagne au stade dans mon enfance, le quartier, ses habitants, la petite place, les amis, nos rêves d’enfants…

J’ai entendu un entraîneur dire que sur le terrain, il faut marcher sur la pointe des pieds pour ne pas piétiner les rêves sacrés des enfants. C’est si important de ne pas les opprimer avec des formes de chantage qui bloquent la liberté et l’imagination. Et de ne pas enseigner de raccourcis qui ne conduisent qu’à s’égarer dans le labyrinthe de l’existence. Quelle tristesse quand les parents se transforment en supporters de leurs enfants, ou en managers, comme cela arrive parfois. Être grands dans la vie : voilà notre victoire à tous, la seule qui compte vraiment.

Pour moi, les plus beaux matchs de football restent ceux qui se jouent sur la place, qu’elle s’appelle Herminia Brumana comme la mienne ou qu’elle porte un autre nom, sur la chaussée, sur la pelouse d’un jardin ou sur une esplanade poussiéreuse en terre battue, dans n’importe quel endroit du monde. « Les technocrates ont beau le programmer dans ses moindres détails, les puissants ont beau le manipuler, le football continue à vouloir être l’art de l’imprévu », écrivait encore Galeano. Et à appartenir au peuple. Alors, reprenons la comptine et voyons qui sera dans mon équipe ; traçons deux traits par terre et faisons semblant que c’est une cage ; peut-être que le plus pata dura fera le gardien, ou bien ils le feront un peu chacun leur tour, le fameux « goal volant ». Tous ensemble pour suivre et maîtriser un ballon, peu importe comment tu t’appelles, de qui tu es le fils, d’où tu viens. Ce sera toujours la véritable beauté du jeu. C’est ainsi qu’on grandit.

    chapite 8 : La vie est l’art de la rencontre

Ce qui caractérise l’activité sportive, c’est qu’elle unit au lieu de diviser. Elle construit des ponts, et non des murs. Toute activité sociale authentique combat l’inculture de l’écart et du préjugé, et favorise toujours la culture de la rencontre, qui correspond à la plus profonde et intime substance de notre être, naturellement orienté vers la relation, l’interaction, la découverte de l’autre.

  [...]  À part le football et le basket, j’aimais aussi collectionner les timbres, une passion que m’avait transmise mon oncle Oscar Adrian, le quatrième frère de ma mère, qui devait mourir dans un accident. [...] Parce que, par-dessus tout, j’aimais lire. Je pouvais le faire partout, y compris au bord du terrain de foot que nous avions dessiné par terre.

  [...]  Mais on jouait aussi, et beaucoup. Le sport était un aspect fondamental de cette expérience. Et dans l’étude comme dans le sport, la compétition avait aussi une certaine importance : on nous apprenait le bon type d’affrontement, on nous apprenait à jouer proprement. Avec les années, j’ai eu l’occasion d’entendre maintes critiques sur cet aspect compétitif de l’existence… mais, curieusement, elles venaient la plupart du temps de chrétiens qui se disaient « libérés » de cette composante pédagogique mais qui ensuite, dans la vie quotidienne, s’entretuaient pour de l’argent ou du pouvoir… et ce d’une façon fort peu chrétienne.

  [...]  À cette époque, j’envisageais de devenir médecin. Je m’étais même préinscrit dans un lycée proche de la maison, calle Carabobo ; juste en face habitait un footballeur qui s’amusait dans sa jeunesse à défier les gamins de Flores dans ces matchs de tous contre tous qui durent jusqu’à la tombée du jour, et qui allait devenir l’un des plus grands footballeurs de tous les temps : il s’appelait Alfredo Di Stéfano.